Le 11 septembre dernier, la commission des affaires constitutionnelles du Parlement Européen a pris une initiative visant à tenter de légaliser l’utilisation du drapeau à 12 étoiles et « L’Ode à la joie » de Beethoven comme symboles de l’UE. Les 27 Etats membres n’avaient pas réussi à s’entendre sur ce sujet lors des négociations du traité de Lisbonne.
Concernant l'hymne européen, il serait désormais joué à chaque séance inaugurale d'installation en début de mandat du Parlement européen ainsi qu'à l'occasion des séances officielles.
Le drapeau serait visible dans chaque salle de réunion et pas seulement dans l'hémicycle et à l'entrée extérieure, comme c'est aujourd'hui le cas.
La devise "L'Unité dans la Diversité" serait inscrite sur tous les documents officiels et le 9 mai reconnu comme Journée de l'Europe.
Le drapeau, l'hymne et la Journée de l'Europe avaient été adoptés au Sommet de Milan en 1985, puis la devise "L'Unité dans la Diversité" était devenu la devise officielle de l'Union européenne en 2000. Il n'y avait cependant aucune obligation réelle pour les Etats-membres à appliquer ces dispositions, et ce fut une des propositions initiales du traité de Lisbonne de les reconnaître enfin officiellement. A la suite des Non au référendum en France et aux Pays-Bas, leur retrait a été qualifié de dommage collatéral du traité trébuchant, ensuite réparé très partiellement par 16 Etats-membres (dont l'Allemagne et l'Italie mais pas la France) qui ont ré-introduit une annexe spécifiant que le drapeau et l'hymne européen continueront d'exprimer le sens d'une communauté des peuples au sein de l'Union européenne et de leur appartenance à celle-ci.
Reste que cette proposition doit être l'objet d'un vote en séance plénière le 1er octobre prochain, et le résultat positif ne fait pas trop de doute, et que cette décision donne l'occasion à la Commission et au Conseil de suivre l'exemple du Parlement européen, ce qui est beaucoup moins sûr. La portée de ce retour très discret des symboles doit-elle pourtant rester aussi limitée ?
Il appartient en effet aux citoyens européens de montrer aussi, de leur côté, leur attachement à ces symboles, ce que les collectivités locales peuvent concrétiser sans attendre les décisions du Conseil européen, et la France s'honorerait de rejoindre les 16 Etats-membres ayant réaffirmé l'importance de ces symboles, par exemple avant la fin de sa présidence en décembre 2008.
Mais Nicolas Sarkosy en aura-t-il seulement l'idée ?
Jo Leinen, le président de la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen, l'a très bien rappelé : "Ces symboles donnerait une âme à l'Europe et permettrait à ses citoyens de mieux s'identifier à l'Union européenne".
J'ajouterai qu'il s'agit là d'un aspect important du sens de la citoyenneté européenne, d'un lien étroit entre l'Europe et la représentation que se font ses peuples, et au-delà, d'un complément visible à l'existence du Parlement européen, première pierre à l'édification d'une démocratie européenne consciente de ses valeurs et de son destin.


