Le Parlement européen a adopté le 13 janvier une législation qui durcit la réglementation en vigueur sur l'utilisation des pesticides. Les plus dangereux d'entre eux, considérés comme cancérigènes, seront interdits dans les 27 pays membres de l'Union européenne. Ils doivent être remplacés dans les dix ans qui viennent par des produits moins toxiques.
Les eurodéputés ont voté deux lois, sur l'attribution de licences et l'utilisation des pesticides, qui vont obliger les agriculteurs et les fournisseurs de produits chimiques à remplacer 22 produits très toxiques et à restreindre l'utilisation des pesticides dans et autour des parcs, dans les zones urbaines, les réserves et les zones humides protégées, et limiter l'utilisation des avions pour le répandage agricole. Deux fongicides (le Carbendazim et le Dinocap) seront interdits dès cette année, mais les dernières autorisations pour certains produits aux effets perturbateurs sur le système endocrinien n'expireront pas avant 2018. Les 22 produits interdits ne représentent que 5% des 500 produits de ce type actuellement utilisés pour la fabrication des herbicides, fongicides et autres insecticides. "La décision prise aujourd'hui est un jalon pour la protection des consommateurs en Europe", s'est félicité l'eurodéputé Vert allemand, Hiltrud Breyer. En effet, il s'agit là d'une réelle avancée, même si je regrette que le choix restreint de ces 22 produits ait résulté d'une limitation à des produits susceptibles de "conséquences neurologiques et immunologiques graves pour le développement prénatal des enfants". Il reste à aller plus loin, en particulier pour mieux protéger les agriculteurs et résidents des zones agricoles qui sont encore exposés aux pulvérisations, et pour interdire toute utilisation de pesticides dans les zones urbaines.


